Quand on exerce en libéral, il n’y a pas de cloche pour dire « stop » 🔔 Les rendez-vous s’enchaînent, les messages tombent… et les journées restent bloquées à 24 heures.
Cet article vous propose d’imaginer votre exercice comme un voyage au long cours. Pour arriver au bout, il faut une carte, un cap, et des règles de navigation 🧭
Poser ses limites, ce n’est pas devenir moins engagé. C’est durer.
1️⃣ Assumer sa responsabilité… sans tout porter 🎒
En tant que sage-femme, vous êtes souvent la première porte d’entrée. Pour une patiente, vous êtes un repère. Pour un collègue, vous êtes parfois “celui ou celle qui sait”. C’est précieux. Et cela peut aussi devenir lourd si tout finit par reposer sur vous.
Poser ses limites commence souvent par une question :
Qu’est-ce qui relève de mon champ de compétences, et qu’est-ce qui dépend d’une autre profession ?
“L’important, c’est de connaître ses limites et de savoir orienter vers le bon professionnel.” — La voie des sages-femmes, épisode 5
Le message à faire passer :
“Je préfère vous diriger vers le bon interlocuteur, pour que vous soyez pris en charge de la meilleure manière possible.”
2️⃣ Dire non aux sollicitations (sans culpabiliser) 📵
Les limites se dépassent petit à petit, à force de micro-sollicitations qui s’additionnent : les SMS “juste une question”, les appels “deux minutes”. Ces “petits services” deviennent du temps médical… non reconnu, non tracé et non rémunéré.
“Plus de la moitié des sages-femmes effectuent des heures supplémentaires, et pour une part d’entre elles ces heures ne sont ni rémunérées ni récupérées.” - CNSF, Rapport sur l’évaluation de la santé au travail des sages-femmes en France
Vous n’avez pas forcément la même manière de travailler que vos collègues au cabinet : se mettre d’accord sur des règles communes et partager ses limites évite les malentendus au quotidien 😉
Un cadre n’est pas une barrière. C’est une signalisation. Un peu comme un panneau “sens interdit” sur un petit chemin : ce n’est pas pour embêter. C’est pour éviter que tout le monde s’enlise.
✅ Bonnes pratiques
- Remercier + cadrer + orienter : “Merci pour votre message. Je ne peux pas répondre par SMS à des questions médicales. Pour cela, il faut un RDV / une consultation”,
- Rester factuel, sans se justifier : une phrase suffit. Les longues explications ouvrent la négociation,
- Répondre aux messages sur une plage horaire définie
- Informer les patients et patientes : affichage en salle d’attente, site web.
⛔️ Mauvaises pratiques
- Répondre “entre deux” ou en dehors de ses horaires,
- Faire une exception “juste cette fois” sans l’expliquer : ça devient la norme,
- Dire oui à moitié : “Je ne devrais pas mais… envoyez toujours”,
- Répondre à une question médicale par SMS : non sécurisé et non cadré,
- Laisser plusieurs canaux ouverts (SMS, appels, mail) : multiplication des points d’entrée et de la charge mentale.
🖥️ Dans certains cas la téléconsultation s’avère une bonne option pour transformer des échanges “informels” en actes valorisés. Pour la mettre en place, vous pouvez consulter notre article dédié.
Parler cash
Poser un cadre permet aussi de sécuriser son salaire. Ce n’est pas tabou, et c’est un argument que vous pouvez présenter à vos patients et patientes.
Cela passe également par l’alignement de son temps passé et de sa rémunération via la cotation.
👉 Pour en savoir plus, l’article Se former à la cotation est un bon point d’appui.
3️⃣ Organiser son activité pour alléger la charge mentale 🌬️
« Je me suis rendue compte qu’en tant que sage-femme libérale on pouvait faire 10 000 milliards de trucs. » — La voie des sages-femmes, épisode 2
Oui. Mais pas en même temps.
L’agenda sert souvent de garde-fou : ce qui n’y est pas inscrit finit par se faire le soir, ou le week-end. Protéger quelques repères aide beaucoup : du temps administratif, les fins de journée, et quelques créneaux “tampon” pour les imprévus.
👉 Si votre agenda ressemble à un jeu de Tetris en mode difficile, c’est un signe.
Un téléphone dédié, ou un seul téléphone avec deux profils/sessions, aide également à limiter les interruptions et à mieux “fermer” en fin de journée. Tout comme garder un ordinateur “pro” distinct de l’ordinateur familial.
“Le conflit vie privée / vie personnelle est l’un des principaux facteurs de risque psycho-social” — CNSF, Rapport sur l’évaluation de la santé au travail des sages-femmes en France
Et si tout n’avait pas besoin de finir sur vos épaules ?
RDV, rappels, annulations, relances, administratif… Une aide extérieure (secrétariat partagé) ou un bon outil (comptabilité, logiciel) peut transformer ces “micro-tâches” en routine fluide.
❓ La question à se poser : Où est ma vraie valeur ajoutée ? Où puis-je déléguer ?
👉 Pour aller plus loin vous pouvez consulter l’article Sécuriser et organiser son univers numérique.
Mieux s’organiser rime avec mieux communiquer
Un petit panneau en salle d’attente vaut mieux qu’un grand débat. Quelques exemples :
Retards : “En cas de retard, le rendez-vous pourra être décalé ou reprogrammé. Prévenir dès que possible aide à trouver la meilleure solution.”
Rendez-vous non honorés : “Toute consultation non annulée au moins 24 h à l’avance peut faire l’objet d’une indemnité, afin de couvrir le temps réservé et non réattribuable.”
Tarifs et dépassements d’honoraires : “Les tarifs des actes sont fixés par la NGAP. Certains actes peuvent donner lieu à un dépassement d’honoraires. Si c’est le cas, l’information est donnée avant la réalisation de l’acte.”
Actes hors nomenclature (HN) : “Certains actes ne sont pas remboursés par l’Assurance Maladie. Dans ce cas, le tarif est annoncé et un accord est demandé avant la réalisation.”
👉 L’affichage de vos honoraires est une obligation du Code de la santé publique.
Garder de la place pour le soin… et pour vous ⭐️
Si ce sujet n’a rien d’anecdotique, c’est aussi parce que les témoignages de sages-femmes sur cette difficulté sont nombreux.
Quelques points à retenir : clarifier son rôle, poser un cadre, s’organiser, déléguer et surtout protéger son énergie.
Et si vous traversez une période compliquée, vous pouvez aussi chercher du soutien auprès de :
- 🧑⚕️ Votre réseau de sages-femmes : collègues de cabinet, sages-femmes du secteur…
- 🌐 Les communautés en ligne : groupes Facebook, espaces d’échanges (ex : communauté Maieuticapp)
Mini-défi
Nous arrivons au bout de cet article. Le plus dur reste à venir : mettre en pratique ces conseils.
Une option : Choisir une nouvelle règle pour cette semaine, l’écrire, l’annoncer si besoin, et fixer un moment précis pour l’appliquer.
Et si pour vous accompagner sur ce chemin votre choix se tourne vers Maieuticapp, toutes les informations pour nous rejoindre se trouvent sur notre site et dans notre centre d’aide.
Vous pouvez aussi contacter l’équipe via la bulle de conversation en bas à droite de cette page 💬, ou réserver un RDV téléphonique 📞 pour des explications personnalisées.
